La prise de conscience

Publié le par Lhyn Sedrin

C’est la fatigue qui frappe en premier. Difficulté à se lever le matin, sentiment d’être vidée. Puis le quotidien devient mécanique, les gestes sont répétés machinalement, surtout ceux à l’attention des enfants. Puis on prend ses distances, notamment sur le plan affectif, y compris et surtout dans son couple. On essaie de s'oublier, trop épuisée pour s'occuper de soi, et puis pour qui ? Pour quoi ? Chaque jour est le même, chaque jour est une bataille sans répis. On se dénigre, se déconsidère, perd confiance, après tout les autres y arrivent, et puis il y a pire que d'être dans ma peau.
Il y a ses gens qui meurent sous les bombes, ceux qui n'ont plus rien, je ne suis pas seule, enfin, au quotidien si, mais je ne le suis pas vraiment n'est-ce pas ?

Les crises d'angoisse apparaissent, je les appelle comme ça, quand une routille ne va pas ou que mon conjoint dit quelque chose, une simple remarque, je m'effondre, tremblements, claquements de dents, crispations musculaires, j'ai chaud j'ai froid, je voudrais mourir là tout de suite, je suis une loqe et je ne sers à rien, puis je m'endors, mais ça ne va pas mieux, je me sens individualiste, moche à l'intérieur, je ne sais pas ce qui plait à mon amour, je me suis éloigné de lui, je ne parviens pas à aider mon grand, mon petit... Je rêve, je rêve que je dors, puis je me lève et je vais dans le grenier et je me pends. Récurrent, le cauchemard me réveille, je dors mal, comment je peux être épuisée comme ça?

"Tu ne sais pas t'organiser." "Tu bouges beaucoup mais tu fais que de l'air" "Je te dis ça pour t'aider mais tu prends tout mal""La maison est toujours en désordre tu devrais....." Je devrais pas être moi, je devrais être quelqu'un d'autre ça irait surement mieux.
 

Puis une nuit je me réveille, je rêve que je suis en bas de l'échelle qui mène au grenier et j'ai froid, je rêve pourtant, non ? Non... Il fait chaud dans mon lit, pas froid... Je me réveille pour de bon, devant l'échelle du grenier, à la main j'ai la vieille corde à sauter que mon père m'avait faite quand j'étais enfant. Le souvenir me fait pleurer, je lâche la corde, je ferme la porte je cache la clef dans un tiroir je me dépêche d'aller dans mon lit.
 Ma décision est prise, je dois absolument voir un psy', il est hors de question que je me tue ! J'ai peur de la mort, de l'anéantissement ! J'ai encore tellement de choses à réaliser ! Je crois. Je le veux en tout cas.
J'ai besoin que quelqu'un m'écoute sans me juger, me libère de tout ça pour que je puisse faire le reste comme je le veux. Je veux me retrouver. Et tant pis si c'est égoiste.

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