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2014-11-29T19:12:32+01:00

Seconde lune

Publié par Lhyn Sedrin

 "Depuis la dernière lune je revenais régulièrement pour un suivis de mes blessures par l'hôpital. Je n'y voyais pas de soucis, tous les mardi je me pointais, je voyais le jeune interne qui m'avait soignée puis je repartais. Il me posait toujours la même question : Est-ce que mon nouveau régime végétarien me convenait ? Et invariablement je lui répondais la vérité, non il ne me convenait pas plus le temps passait plus j'avais faim et je devenais irritable. Il me prescrivait un calmant et me demandait de revenir le mardi suivant. Je repartais faire mes photos. Les clients se plaignaient, ils les trouvaient trop brutales, la lumière trop crue... Ce mardi là comme les autres je voyais l'interne, mais il ne me posa pas la question, heureusement car j'étais énervée, tout avait été de travers aujourd'hui et je sentais une ombre dangereuse qui se rapprochait me rendant irritable, agressive, sur les nerfs, il allait arriver quelque chose sur laquelle je n'avais aucun moyen de contrôle, quelque chose de plus grand plus fort que moi, j'avais peur et cette peur m'agaçait. L'homme me demanda simplement si je voulais rester pour la nuit en observation. Je refusais, je n'étais pas malade et ça suffisait, un mois sous surveillance, c'était ça qui me mettait en boule. Je claquais la porte et passait le reste de la journée enfermée chez moi. Décidant de réagir enfin à mon état de torpeur je sortais, il faisait nuit, le temps était froid. Ce froid me parut amical tant il me soulageait, le poids de l'inéluctable pesait toujours sur mes épaules mais je m'en moquais, il s'accompagnait à présent d'un sentiment irrépressible de rire. Je ris. Les passants me regardèrent avec effroi. J'étais une folle, ça devait effayer. En marchant je me sentais de mieux en mieux j'arrivais à la boite, la lune haute et ronde se découvrit, si magnifique, je m'arrêtais un instant la laissant me pénétrer de sa lumière étrange. Mon coeur se mit à battre plus fort, le videur me fit signe de rentrer, c'était gratuit pour les femmes.

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 Je tirais les draps sur mon corps nu, il faisait froid, comment avais-je pu laisser la fenêtre ouverte ? Je me levais et notais le sol humide. Je me recouchais une heure se passa puis j'arrêtais la montre qui hurlait qu'il était onze heures. A la cuisine devant mon bol de céréales j'écoutais les nouvelles, un massacre dans une boite de nuit, encore. Je me sentais beaucoup mieux qu'hier, pleine de vigueur, d'allant, prête à reprendre le cours de ma semaine, je m'étirais. Dans la salle de bain il y avait des trâces de sang, j'avais du me couper hier, mais où ? En y repensant je ne me souvenais plus de ce que j'avais fait hier soir, étais-je sortie ? Des trâces d'eau parsemaient mon sol, j'en déduisis que j'avais du faire des folies de mon corps et je ricanais de ma bêtise. Après avoir choisis avec soin ma tenue je me dirigeais vers la boite où avaient eut lieu le carnage, j'espérais avoir quelques photos commercialisables que d'autres n'auraient pas eut. Les lieux me donnaient une impression de déjà vu. Je pris quelques clichés, je n'étais pas seule. Un confrère me salua et me demanda ce que j'allais faire demain, samedi. Je restais stupéfaite, nous n'étions donc pas mercredi ? J'avais perdu deux jours. Je téléphonais à l'interne, il n'était pas disponible, absent aussi à l'hôpital, en arrêt maladie, comme chaque mois me dit la secrétaire. 

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