L'arrivée est remarquée le passeur, principal gardien de la première porte de la Cité demande une autorisation. Les humains entrent par une porte basse et doivent patienter dans une salle au plafond à peine moins bas que la port. La salle contient des bancs sur lesquels une fois assis les humains sont en position accroupis, l'attente est longue. Le gardien revient avec un autre gardien habillé comme lui, ils font signer des papiers et des tablettes d'argile à leur guide. Le lieu sent la sueur de gnome et la viande qu'ils ont ramenée. Le chaman reste patient comme ses apprentis, elle n'a pas informé le chef que ce voyage était inutile, que les chamans savent lire les traces des gnomes qu'ils appellent "écriture". Le chef n'avait pas besoin de savoir cela. Les chamans sont les sages qu'il faut consulter. Les chamans enseignent que la parole donnée est plus importante que toute autre, le papier brûle, l'argile se brise, l'honneur et la parole d'un humain sont intemporels. L'évolution voulue par le chef était inscrite, les chamans d'autrefois l'avaient anticipée, ils avaient préparés leurs apprentis, la ligne du savoir des anciens se perpétuait ainsi. Seuls les chamans détiennent les savoirs, la magie, l'écriture, eux seuls préservent le clan des hommes du nord. Les pensées du chaman l'isole de la logorrhée ennuyeuse et matérialiste des gnomes. Les apprentis aussi sont absents, dans leurs pensées ou dans leurs rêves. Chacun d'eux sait qu'une fois entrés en contact avec le sage des gnomes ils lui transmettront la crainte de la montagne, la peur du clan du nord et les connaissances nécessaires à la chasse. Le plan est que les gnomes tellement cupides s'empresseront de rompre toutes relations avec le clan du nord. Les chamans enseigneront, comme le chef l'a demandé, l'écriture, mais les gnomes ne reviendront plus polluer l'esprit des chefs. Le plan a prévu une perte d'une partie du clan dans l'opération, mais il arrive de devoir sacrifier une partie de la famille pour préserver l'autre.
Le négociateur a enfin terminé de soudoyer les gardiens comme la convenance le veut. Comme prévu il a dû lâcher une partie de ses économies du voyage mais fort heureusement le sage a accepté de lui signer une décharge qui le dégage de toute responsabilité en relation avec les hommes du nord qu'il a amené. Il les salut et regagne ses pénates. Dans le calme de son carré de logement il regarde ses trésors.
"Je vais enfin pouvoir me tourner vers l'exploration de la plaine." Il repose le grappin, les cordes et va se laver. La plaine et la forêt sont moins périlleux que la montagne et c'est plus proche aussi. Il y fait doux. Pour le moment la Cité n'a pas besoin de son négociateur, il s'habille pour la nuit. Demain au matin il partira.
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