Il est des temps qui s'éternisent et s'enlisent dans un bonheur bienheureux, on les croit éternels et on les voudrait éfféméres, c'est un de ces temps que constitue ma tendre jeunesse dans le royaume Sylvestre, enfant turbulante courant entre les branches des arbres et les jambes des plus sages. Rien ne pouvait éteindre la terrible ardeur de mon adolescence, je ne pouvais comme ma cousine rester là des heures à étudier les chants, ou comme mon cousin à répéter les mêmes formules et les mêmes gestuelles, je rêvais de grandes plaines découvertes, de ciels sans fin, de terres dévorées de laves et de combats magnifiques où brillait ma lame au clair de lune ou au soleil de mes ennemis vaincus. Ce fut un deuxième temps de ma vie que je vous expose ici, toujours à regarder les guerriers à l'entraînement alors que ma destinée était dans les livres et les études, je ne pouvais résister à l'appel des lames sifflants et s'entrechoquant. En secret je prenais les poses des danseurs de guerre, je mimais leurs gestes précis et meurtriers. J'avais même, par delà la vigilance de ma mère, appris quelques passes auprès d'un jeune bavard qui m'avait promis monts et merveilles contre quelques faveurs. Mal m'en prit car il ne tint pas ses promesses et s'enfuit du bosquet me laissant mes doutes et une mauvaise épée. Ainsi déçue je m'éprenais de l'histoire je retournais ma hargne et mon dépis contre ma propre ignorance, j'y remédiais cherchant comment nos ancêtre avaient été mais rares étaient les anciens encore capable de raconter ces temps sans s'endormir. Un nom revenait, mon passé m'attendait pour construire mon futur. Il me fallait partir.
Pour ce soir j'avais deux solutions, soit je passais la nuit à l'abri de la forêt, une nuit de plus en risquant de ne pas avoir le courage au matin de la quitter, soit....
Ma décision était prise, je n'étais pas fatiguée et il me faudrait tôt ou tard apprécier ma capacité à survivre loin de chez moi. J'ajustais mes effets et repris la marche.
Une heure après je me trouvais à l'orée des bois devant le fleuve. Deux mondes ici se rencontraient.
- Adieu asile protecteur du sous-bois.
Je n'avais pas encore dépassé le monolithe qui marquait la séparation entre le royaume d'Athel Loren et le monde des humains, l'odeur avait changé pourtant, et les remugles de la crasse humaine me parvenait, il n'était pas question pour moi de leur ressembler, mais il me fallait trouver un lieu pour traverser le fleuve, ici il était tumultueux et clair, je longeais la rive à la recherche d'un guet ou d'un pont, un peu en aval je devinais un chateau. Je ne m'aventurerais pas jusque là.
Elle évoquait les sagas de Laeth , l'ancien de son clan . Comme il le déclamait avec emphase dans ses chroniques , son index mobile rehaussant le verbe inébranlable que lui conférait sa sagesse séculaire , très peu ceux qui avaient quitté Athel Loren pour se mêler dans la disharmonie et la turpitude des hommes , mais aussi , pensait-elle , encore moins ce qui étaient revenus pour raconter...et cette pensée revêtait des promesses de richesse et d'espoir pour la jeune elfe . De même que , en cette fin de journée crépusculaire , le soleil quittait Athel Loren , s'en allant darder de ses vifs étendards ces lointains royaumes , Lhyn se promettait d'aller les conquérir .
Mais l'obscurité serait bientôt totale et , pour la première fois de sa douce existence , l'épais tapis de mousses et de fleurs odorantes ne constituerait pas le lit d'une nuit douillette et sereine .
Lhyn s'éveilla dans une aurore blafarde enveloppée par les frimas de la fin d'automne . Contrairement au séjour privilégié de Athel Loren , les grandes prairies du sud étaient soustraites à l'influence des courants de vents magiques dont les mages se servaient pour modeler la forêt au gré de leurs étranges enchantements.
La jeune elfe se blottit dans l'épaisseur du pli de sa cape , essayant de retenir un peu de chaleur . N'avait-elle pas rêvé de sa mère , des douces rhapsodies qu'elle chantonnait en tressant ses longs cheveux en un art précis et délicat ?
De légers bruissements rappelèrent son attention , quelque chose se déplaçait avec précaution tout près d'elle , un jeune cheval sauvage à la blancheur nacrée , superbe héritier des fiers et majestueux destriers elfiques des temps anciens . Peux-être ne s'était-il pas rendu compte de la présence de la jeune elfe drapée dans sa cape , ou bien avait-il profité de son sommeil pour s'approcher et venir paitre aux pieds de ces arbres , les herbes tendres et fraiches de rosée givrée qui s'y trouvaient .
Je m'emplie les yeux de la beauté farouche et sauvage de l'équidé, je bougeais doucement me découvrant, puis je m'arrêtais pour qu'il puisse s'habituer à ma nouvelle position, il était magnifique, sa robe neige parcourue de fil d'or dans le soleil levant, une brise balayait sa crinière, je voyais ses oreilles bouger, il m'observait à la manière des chevaux sans porter le regard sur un possible prédateur, je bougeais de nouveau pour m'accroupir et lui murmurais quelques mots. Je me tue de nouveau et restais immobile un temps. Enfin je reprenais les murmures lui racontant mon petit périple jusqu'ici et mes intentions de parcourir le monde comme on berce un enfant je donnais à ma voix des inflexions apaisantes, c'est alors que je me levais lentement.
Comme à son habitude, la nuit l'a caché, mais voyant l'aube poindre le bout de son nez, il voulut rebrousser chemin. Suivre l'animal à découvert n'étant pas très malin! Cependant la petite voix repris de plus belle:
"Allez, cela fait déjà deux jours que tu es parti! Tu dois te nourrir..."
Décidément, ce dieu est bien présent!
"D'accord, LOEC, après tout, qui suis-je pour discuter ta parole?".
A son habitude il parle, dans un murmure pour ne pas faire fuir l'animal. Ainsi il se met en tête de contourner cette clairière, et de prendre par surprise le cheval.
Hé Séant, que dois-je faire?Par où aller?Parce que c'est certes bien joli de dire: va découvrir le monde, rapporte moi des Herbes rares de ici et là-bas,et tout le tralala, mais....
-CROAR!
-Ah bas tiens, tu as une idée? Bah, vas-y guide moi !
CROAR!CROAR!
-Et bien allons-y
Suivant son corbeau à travers les sous bois, Hyndel partit en direction du sud. Après des heures et des heures de marche, il arriva dans une clairière où il aperçut de dos une silhouette bien familière...Celle de Loec, cet elfe qu'il avait soigné dans la foret quelques jours auparavant et avec qui il avait sympathisé, tapis dans le but de surprendre un cheval. Ceci fit sourire le jeune druide qui n'effrayait point les animaux de sa présence. Il s'approchait de l'équidé, lorsqu'il remarqua la jeune elfe qui se tenait aux côtés de celui-ci.
Décidément à peine sorti de loren, et que de rencontres , pensa le jeune druide.
Après avoir salué la demoiselle, il déclara.
Mes salutations, ma sœur, je suis Hyndel, druide de mon état, vous quittez vous aussi Loren en direction d'une quelconque destinée dans les territoires humains?
Bonjour Hyndel. Je suis Lhyn et oui je désire découvrir le monde des légendes humaines, mon but final est l'archipel de nos ancêtres. Tu es druide ? Qu'est-ce qui t'envoie de par le monde ?
Tout en parlant j'avais regroupé mes affaires, le cheval s'était éloigné un peu de nous, je n'avais pas fait mes exercices et je ne voulais pas y déroger, mais cette situation risquait fort de se répéter à l'avenir. Je commençais donc à m'étirer et à préparer mon corps aux positions de combats que j'avais choisis de répéter, celles que j'avais réussis à mémoriser du moins.
Excuse moi, j'ai besoin de quelques minutes, nous pourrons cheminer ensemble si tu le veux bien.
Tout en restant sur les côtés, il observa attentivement les mouvements réalisés par la jeune dame, qui lui paraissaient plus que surnaturels, et finit par se perdre dans son imaginaire...
-CROAR!
Et il fut revenu à la réalité
-En fait, mon but est de parcourir le monde dans le but de découvrir quelques herbes ou substances médicinales qui auraient des vertus curatives pour quelques maladies encore incurables , ce qui par la même occasion me permettra de devenir un druide consacré et reconnu.
Puis il se remit à observer ses mouvements
-qu'elle est donc cet art martial ? Car ça fait fort longtemps que je vis isolé des autres elfes dans les zones dépeuplées
Votre ami dites-vous ? (...)
Je ne fais que reproduire, je l'espère avec exactitude, les passes et les danses des Chantelames, mais je suis très loin d'en posséder l'habileté et la perfection. Un jour sans doute....
Je cherchais du regard l'ami dont parlait le jeune druide.
"LOEC! Depuis quand ceux de mon peuple mangent-t-ils les coursiers? Par ce que là, je me dis que tu deviens fou!"
Il parle si fort que tout le monde peut l'entendre, il ne fait pas attention aux deux elfes, et encore moins à sa proie. Son masque de loup cache son visage, on peut cependant percevoir la frustration et l'ironie dans son ton. Il semble attendre une réponse, mais visiblement celle-ci ne vient pas.
"bon les deux guignols, on dirai bien que je n'ai plus le choix, LOEC est une tête de mule! Ok je viens avec vous!"
Il sourit pour lui même, s'attendant à une réaction de la part de l'elfe ( la femme), le soigneur ayant déjà eu affaire à lui, il ne devrait pas relever le petit détail qu'est une injure ouverte à un dieu. En réalité, cela peut même faire rire les plus compatissant!
Et, sans attendre de réponse il se mit en route.
Peut-être auront-ils des informations sur cette île natale dont vous m'avez parlé.
Je te salue ami de Hyndel le druide. Que t'a donc fait Loec pour que tu l'invectives de telle sorte ?
Je savais les dieux colériques mais je ne les avais jamais vu agir donc je ne me formalisais pas de quelques invectives. Par contre son accoutrement fut pour moi bien plus déroutant.Je tentais de n'en rien laisser paraitre. Son masque surtout, j'avais du mal à en détacher les yeux et je le fixais un peu trop longtemps, bien heureusement le cheval qui avait pris ses distances à l'approche bruyante de ce personnage singulier offrait un point d'achoppement à mon regard curieux.
"LOEC, c'est un ami à moi! Il me parle, mais des fois, il dit vraiment n'importe quoi. Mais je sais qu'il me teste!"
Tu peux remarquer que sous le masque, il y a du sang séché. Visiblement il doit cacher une blessure. Il bouge sans cesse et semble plus proche de l'animal que de l'elfe. Il est accroupi , les mains proche du sol, et cependant on peut ressentir chez lui, une certaine grâce. Un peu comme celle d'un chat.
"Bon le cheval, reviens ici!"
Etrangement il ne fait pas peur à la bête, tout au plus il l'a surprise. Il avance vers elle et approche sa main de l'encolure de l'étalon.
"Si tu es aussi nerveux que moi, mon bon ami, nous pourrions faire un bout de chemin ensemble?"
S'agissait-il de l'un de ces représentants du clan "Equos" , clan elfe qui , de la périphérie de la forêt de Athel Loren , propice à leur activité de dresseurs émérites , avait fait son territoire ? Les trois compagnons elfes qui avaient déjà ouï-dire de l'existence de ces fiers combattants cherchaient dans leur jeune mémoire les images épiques de fiers cavaliers et conducteurs de chars de l'host sylvestre repoussant les ennemis venus envahir Athel Loren , mises là par les récits des sages .
"LOEC me dit que de toute manière, au cas ou tu ne le vois pas, je ne suis pas du genre a monter à cheval!"
Il se posta devant le cavalier, peu lui importe les faits , puisqu'il ne les a pas vu! Puis, dans un rire, il se met à sauter en tout sens autour du cheval, dans le seul but d'amuser la galerie.
Décidément, ce jeune elfe est bien dérangé!
- Calme ton ire, nous ne l'avons pas touché, ou si peu, Seul nous importe la traversée de ses plaines, nous devons rejoindre la ville la plus proche. Mais nous te saluons et te présentons nos excuses si cela te permet de poursuivre ton chemin et nous le notre.
Après tout, tout fier et légendaire qu'il soit cet elfe les invectivait sans même s'être présenté, de plus il leur prêtait des intentions qu'ils n'avaient pas.
"Ne soit pas si agressif frère, personne n'est monté sur votre noble destrier qui plus est aucun de nous n'a voulu le monter, le jeune Loec n'a voulu que flatter sa croupe de même, aucun lien entre les deux êtres ne s'est formé je l'aurai senti.
Mais si nos actes ont pu vous offenser noble frère, je vous présente mes plus humbles excuses, et excusez-nous pour notre ignorance.
Sur ce , il s'adressa à ses amis :
"Venez, nous n'avons pas de temps à perdre, nous devons rejoindre les territoires humains rapidement"
Il s'adressa à l'elfe:
Connaissez-vous le nom de quelques cités humaines dans les environs? Où n'êtes-vous jamais sorti de Loren comme nous?
Ses traits s'étaient d'autant plus crispés devant la bravade de Loec Nathiel , sautillant et fanfaronnant , mais finalement , les paroles de ses deux compagnons avaient réussi à l'adoucir et son emportement avait laissé place à une certaine amertume...
Résolument , ces jeunes personnes , qui jusque-la n'avaient connu que le séjour favorisé de Athel Loren , semblaient méconnaitre la réalité dans le sens ou les Equos , accoutumés au rapport des tiléens , bretonniens et des habitants des principautés frontalières , l'entendaient...c'est à dire celle sous-tendue dans le monde...en dehors.
Ces jeunes elfes voulaient donc rejoindre les royaumes des humains ?!.
"Qu'allez-vous faire là-bas ?"...leur demanda-t'il avec circonspection.
" Je me nomme Lhyn et je désire atteindre l'archipel des anciens. Qu'as-tu à nous apprendre qui puisse nous être utile pour survivre chez les humains ? "
"Hey! Qui te dis que je suis d'accord avec eux!? Déjà, aurais-tu quelque chose à manger? Grand chasseur comme tu l'es, je pense que oui! Puis tu dois certainement venir de quelque part, on devrait se poser. Tu nous emmènes? Peut-être que je pourrai aider de par chez vous! Puis lui, il soigne, enfin il essaie du mieux qu'il peut! Et elle, tu ne vas pas laisser une demoiselle en détresse dans un bois? Surtout si elle te demande de l'aide!"
Il parle tellement vite, qu'il ne laisse pas le temps de répondre à toutes ses questions. Décidement, ce petit jeu commence à lui plaire!
"La ville Bretonnienne la plus proche est Salignac la rouge...dit-il en indiquant du doigt la direction du sud-ouest..."Vous y serez dans trois ou quatre jours de marche à travers les prairies."...puis il continua à l'attention de Lhyn..."Jeune sœur , ton voyage vers Ulthuan sera long . Je te souhaite bonne chance"
Le fier elfe enfourcha son coursier et tous deux s'éloignèrent avec une grâce et une célérité surnaturelle . La vision du noble équipage glissant sur l'horizon laissait les trois jeunes elfes bien désemparés quant à leur interrogation au sujet d'un monde qu'ils n'appréhendaient pas , et chacun , à part soi , évoquait l'entreprise qui avait décidé de son départ de Athel Loren.
- Alors ? Vous venez ou vous avez décidé de vous joindre aux arbres de cette prairie ?
Il se dirige vers l'endroit par ou s'est enfuie le cheval.
"C'est pas tout ça mais il a fait peur à mon pote ! Je vais voir s'il s'est pas fait mal. Crétin d'Equos!"
Il disparait alors dans les buissons.
Dissimulé dans le bosquet ou il venait de se précipiter , Loec nathiel considérait la situation : L'équidé avait disparu dans la direction opposée à celle qu'empruntait les deux elfes et pour le retrouver , il s'agirait de mettre en exergue son talent de pistage.
Sous son masque , les profondes blessures de son visage commençaient à cicatriser et le tiraillaient d'avantage .
Il fallait prendre une décision et LOEC , qui depuis son départ du clan l'avait guidé et entretenu de ses volontés restait étrangement muet . En effet , à tout considéré , n'était-ce pas lui , LOEC , qui l'avait excité à suivre son instinct pour traquer ce cheval ?! Oui , LOEC semblait lui avoir choisi un bien étrange destin...mais le dieu du rire n'était-il pas aussi celui de l'ombre et ne l'appelait-on pas également l'arlequin et le trompeur ?!
Devant Lhyn et Hyndel , s'étendaient les immenses étendues des prairies tapissées de plantes herbacées et de bosquets qui ça et là égermaient de cet océan .
Sur leur gauche , à l'horizon , se crénelaient les premiers contreforts de la grande chaine montagneuse de la "vôute" .
"Nous voilà enfin hors de la grande foret de Loren ! J'ai cru que nous allions y passer la nuit, mon voyage peut enfin commencer"
Il se tourna vers la jeune elfe:
"Diantre ou est donc cet imbécile de Loec ? Je l'avais pourtant cru juste derrière nous...Bah, je pense bien qu'il finira par nous rejoindre, hein?
CROAR
"Nous ferions bien de partir au plus vite qui sait ce qui rode aux abords de la forêt..."
Hyndel ne disais plus un mot, nous marchions et le jour poursuivait sa course dans la grande prairie des cieux. Notre prairie à nous me semblait longue, infinie, les montagnes ne se rapprochaient pas, je commençais réellement à ressentir la morsure de la faim, mon estomac se nouait et se rétractait, la tête me tourna un peu et mes muscles me brûlaient, j'avais soif aussi, c'était la première fois. Gênée je me tournais vers mon compagnon.
As-tu quelque chose à manger ? Je n'ai pas pensé à emmener de la nourriture. Et je ne connais pas les plantes.
Avouer mon ignorance à un parfait inconnu n'était pas facile, mais je ne comptais pas lui dire que c'était ma négligence et mon manque de patience et d'intéret qui en était la cause.
"Et bien pourquoi pas! Après tout ce j'en crois les dire de l'autre nigaud, si je le touche, la seule personne a pouvoir le monter, se sera moi. Et comme je ne compte pas le faire, il sera libre!"
"Très bien jeune Loec, tu commences à comprendre..."
Il se mit donc à suivre les traces du cheval, après il retournerai en arrière, en direction de ce soit disant village humain. Lui qui ne savait où aller, ce petit groupe pourrait faire de joyeux bouc émissaire!
Sans plus attendre, il se lance à la suite du cheval, prenant garde cette fois ci, à la présence éventuelle d'un autre guetteur elfique!
"Nous les Druides de la voie solaire nous avons fait vœux de n'utiliser les dons de la nature qu'avec une extrême parcimonie. Et vu que j'utilise ces dons pour soigner, je vis en Ascète.
Je n'ai donc pas pris la peine d'emporter de la nourriture. Si tu as encore faim après , nous pourrons toujours demander quelques mets aux humains.
Il regarda vers l'horizon ou s'élevait les disgracieuses ombres de la ville humaine.
Diantre, quel genre d'êtres peuvent ils créer une telle laideur?
Dépêche-toi, il faut nous remettre en route. Au fait , pourquoi as-tu quitté la foret ?sincèrement?
Nous en aurons peut-être besoin plus tard. Si tu peux jeûner je ferais de même.
En réalité je me demandais comment il pouvait survivre ainsi et un début d'admiration pour ce frêle elfe si volontaire.
A son exclamation je regardais, c'était en disharmonie d'avec la nature environnante, une masse sombre, grise et dont les effluves leur parvenaient désagréables et repoussantes, à moins que ce ne soit qu'un jeu de son esprit.
Sa question me pris au dépourvu.
Sincèrement ? Je ne sais pas, un appel, je n'ai jamais apprécié ce qui m'était offert ni ce à quoi on me destinait. Le monde est si vaste, je voulais savoir à quoi il ressemblait.
Tout à coup , sans rien présager , le compagnon corvidé de Hyndel s'envola vers un bois à une centaine de mètres de là . Peut-être avait-il aperçu un petit rongeur , ou bien voulait-il manifester quelque chose à son maitre ? C'était bien cela en effet . A l'intérieur du bois , assise et immobile , les deux elfes distinguaient une vague silhouette humaine qui , comme ils le pensaient , ne s'était pas rendu compte de leur approche.
Que va-t-il donc faire par là-bas?
A la vue de la silhouette humaine, il fronçât les sourcilles
Je crois que nous allons rencontrer quelqu'un. Je vais m'approcher de lui de face pendant que toi tu me suivra discrètement et au moindre geste hostile tu l'assommeras d'accord?
Hyndel se mit donc à marcher dans la direction de l'humain, tout en tenant la garde de son épée
Décidément se voyage risque d'être plus aventureux que je ne l'aurais cru
"Hé , magnifique ! . Reste-là mon joli...n'est-ce pas ainsi parfait ?!
Hyndel qui , à son tour , venait de pénétrer dans le bosquet comprenait la motivation de son corbeau . Attiré par les exhalaisons d'un cadavre de faon qui finissait de se décomposer là , il avait déjà commencé à se nourrir de sa viande putride .
L'homme d'une cinquantaine d'année , vêtu dune gabardine , était assis derrière un chevalet à trépied . Découvrant le jeune elfe , il se leva soudainement .
"Oh monsieur , veuillez recevoir les salutations qui siéent à un représentant de votre auguste race !"...dit-il d'un ton amène en se courbant précautionneusement , ses deux mains encore encombrées par un pinceau et une palette de couleur .
"Mes salutations, homme de Bretonnie. Pourquoi peignez-vous une si macabre scène, n'y a-t-il pas de plus belles choses a Immortaliser?"
Il se tourna vers les buissons et fit signe à Lhyn d'émerger.
"Et voici ma gracieuse semblable, pouvez-vous nous indiquer le hameau le plus proche ou nous pourrions nous payer de quoi se sustenter?"
Bien que Hyndel affichait un beau et radieux sourire il restait sur ses gardes, cet artiste ne lui inspirait rien de bon
Est-il réellement seul ?
J'étais prête à me défendre, nous étions encore dans la nature, elle nous offrirait comme toujours son appui même si j'ignorais comment, c'est donc nerveuse que j'attendais la réponse de l'humain. Le ciel s'assombrissait par l'est et une odeur de terre mouillée nous parvenait depuis qu'un vent doux s'était levé.
L'homme retira sa coiffe à la vue de Lhyn émergeant des buissons.
"Mais je ne me suis pas présenté , je me nomme Théo van Heughebaert !"...il reprit à l'attention de la jeune elfe...Il m'a bien sur été donné de côtoyer nombres de vos congénères dans Le quartier elfe de Marienburg , mais à la vérité , ceux-ci sont bien différents de vous et aucuns , je le jure , n'ont hérité de la pureté de la nature à laquelle , mademoiselle , vous semblez emprunter."
Théo van Heughebaert sembla profondément contristé à la réflexion de Hyndel au sujet du choix de son œuvre picturale.
"Vous vous méprenez , il ne s'agit point là d'une vulgaire satisfaction morbide"...il fit alors pivoter son chevalet pour présenter sa peinture au jeune elfe . Théo y avait représenté le cadavre du faon grouillant de vers au pied duquel , illuminé par un halo lumineux , poussait un superbe bouquet d'iris et de roses blanches.
"Regardez comme la morne dépouille semble nourrir ces fleurs et comme celles-ci semblent remporter le combat entre la vie et la mort . N'y voyez rien d'autre que le témoignage d'une vive et singulière représentation expressionniste de la pureté et du caractère éphémère de la beauté terrestre. Vous voyez ici comme la lumière jaillit , semblant émaner de ce corps martyrisé et ..."...son ton se rembrunit...Mais je m'égare , mes simples considérations humaines sur l'esthétique et sa représentation peut vous paraitre bien grossières et frustres pour le ravissement de votre noble nature...la ville la plus proche est Salignac la rouge , bien sur vous pourriez demander l'hospitalité dans une ferme alentour mais les paysans Lyonnais sont des rustres doublés de croquants . Vous pourriez cependant trouver une de ces auberge-relais si vous empruntiez la grande route de Loren qui relie Salignac la rouge à Kreutzhofen . Ces endroits sont pour le moins assez mal fréquentés mais cela vaut toujours mieux que de tomber sur une bande de gobelins n'est-ce pas...dit-il avec un demi sourire...il parait qu'il y a , depuis quelques temps , une recrudescence de leur nuisible activité dans les contreforts de la vôute.
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