"Toi tu cherches le bonheur, avec un grand B, mais le bonheur c'est une suite de petits bonheurs de chaque jour."
Oui je le sais et contrairement à ce que pense cette personne je ne cherche pas, plus, le grand bonheur, il n'existe pas, c'est une chimère.
Alors quoi ?
Pour moi le bonheur ne se trouve pas dans l'assiette. Simplement ce que je mange c'est juste une nécessité de me nourrir, et s'il y a bien un ensemble de plats qui me procurent du plaisir à table ce n'est pas là que se trouvent mes petits bonheurs du quotidien.
Me lever au petit matin et ouvrir la fenêtre de la cuisine pour préparer un petit déjeuner, toujours le même, en écoutant les oiseaux du jardin chanter.
M'installer sur la terrasse de mes parents, qui est au sec et fermée pour prendre mon déjeuner en leur compagnie, parler avec ma mère d'éducation et du site que j'administre, de mes doutes de femme, de mes joies. Faire de même quand je suis à la maison derrière ma baie vitrée avec mon ordinateur en parlant à des amis sur le tchat, comme si nous prenions ensemble notre petit déjeuner, refaire le monde au petit matin en riant et en rêvassant à ce qu'on pourrait améliorer ici et là, faire des plans sur la comète, se dire qu'un jour on se fera un séjour tous ensemble pour se le prendre en vrai ce petit déj. sur une terrasse au milieu des chants d'oiseaux.
Parler avec un ami d'un livre d'une série de livres ou d'un auteur, d'un jeu d'un programme, de codage ou de sécurité informatique, de religion ancienne, de civilisation ancienne, écouter un autre passionné d'histoire expliquer un dessous des cartes, apprendre des choses nouvelles. Sentir que mon interlocuteur est intéressé par ce que je dis et qu'il cherche à m'aider au moins en me soutenant, en me disant "tu vas bien finir par trouver, on te fait tous confiance", et si j'échoue : " C'est pas grave, nous non plus on y est pas arrivé" ou alors "Tu veux que j'essaie ? " s'échanger des taches administratives, voir la progression de notre projet commun.
D'autres petits bonheurs ? Entendre mon fils parler, l'entendre rire, entendre mon autre fils jouer de la guitare, l'entendre me parler des musiques qu'il aime, réaliser des tee-shirt avec ses dessins, parce que je trouve qu'il dessine bien et qu'il joue bien de la guitare. Si une école d'art existait au niveau du lycée une école à l'anglosaxonne où les "artistes" apprennent à développer tous leurs talents je l'y mettrais. Mais en France ça n'existe pas, il n'y a pas ce genre de "cursus";
J'aime passer une heure voir plus à lire ou à écrire, à raconter des histoires, elles sortent se créent, j'aime aussi les écrire avec quelqu'un d'autre, sans savoir où ça nous mène, et découvrir cette personne au travers de ce qu'elle écrit.
Ah j'aime également m'habiller, et notamment mettre des paires de bottes, créer des vêtements, des tee-shirts, habiller mes fils, enfin maintenant j'habille surtout le petit quand son père veut bien accepter des manières de s'habiller originales qui rendent pour moi pas mal. J'aime bien aussi quand j'invente ou je ré-invente une coupe de cheveux à mon petit gars, même si mon mari trouve que c'est pas assez court. (coupe que j'ai reprise pour faire plus court et qui ressemble plus à rien d'ailleurs)
Un grand bonheur pour moi c'est aussi de faire une sortie avec mon grand dans une fête médiévale par exemple, quand on parle ensemble d'histoire, d'architecture ou de littérature dans ce cadre, qu'on chine pour lui un bracelet de cuir ou une ceinture ou une chemise à lacets, nous avons souvent les mêmes goûts en matière de vêtements. (des goûts de chiotes diront certains toujours prêts à nous rabaisser, on se demande encore pourquoi...)
En bref voila où sont mes bonheurs, la nourriture n'en est pas un, ça ne m'intéresse pas vraiment de dépenser de l'argent dans un plaisir effémère dont il ne restera rien. Que ce soit un repas ou un film au cinéma ce ne sont pas des plaisirs qui me comblent de bonheur. A moins de les partager avec quelqu'un qui m'est cher et dans de bonnes conditions.
Je suis une personne de devoir, je ne prends de plaisir que lorsque le devoir est accomplis, je ne sais pas prendre du plaisir lors d'une sortie si je dois m'occuper à temps plein de mon fils qui se sent mal parce qu'il y a du monde ou parce qu'il a décidé de faire des caprices parce qu'il sent que sa maman est heureuse sans qu'il en soit la cause. J'étouffe quand on me dit comment je dois me comporter et qu'on juge chacun de mes gestes, quand mon fils le dernier né me réclame toutes les trentes secondes hurle, quand son père me sort, alors que je m'occupe de lui depuis quatre heures du matin un : "Quand il hurle comme ça faut s'en occuper ! " à 8h du matin parcequ'il fait un énième caprice et que j'ai dit non.
ça, c'est pas du bonheur, c'est juste mon enfer. un mari qui se rend pas compte de ce que j'accomplis chaque jour, de mes charges et de mes réussites fussent-elles minimes. ça c'est mon enfer quand je l'entend me dire comment je dois me comporter alors que lui ne prend pas ma place, mon dernier né n'impose pas à son père le harcèlement qu'il m'impose. Alors je suis seule.
Là mon bonheur c'est de pouvoir le raconter à quelqu'un qui vit la même chose et qui trouvera les mots pour me soutenir sans me condamner.
/image%2F1002290%2F20150218%2Fob_5267fb_sedachiroportrait2015.jpg)