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2010-05-25T13:59:00+02:00

suite

Publié par Lhyn Sedrin
Par le soleil créateur, on dirait bien que je me suis profondément fourvoyé cette fois-ci . se dit le druide.

Effectivement, vu de cette façon votre peinture me parait bien plus belle ! Il essaya d'apaiser la tension par un chaleureux sourire.

Mais je ne saisis guère votre conception éphémère de la beauté, La forêt de Loren est belle mais, même si une ou deux buissons meurent, ils renaîtront au printemps faisant de la foret une beauté éternelle. Il regarda Lhyn avec un sourire taquin ...à l'image de ma congénère.

Puis il s'adressa au peintre d'un ton beaucoup plus sérieux:

Votre entreprise d'aller à Athel Loren me semble farfelue, ne savez vous pas que l'entrée vous serra surement fatale? Aucun des zélés gardes de la forêt n'aura de pitié a vous supprimer , tout bien intentionné que vous soyez. Restez plutôt aux abords, c'est bien plus prudent

Vous dites qu'il y aurait une route? Pouvez-vous nous l'indiquer?

 

Je n'avais rien dit attendant qu'ils aient finit, l'homme était étrange, il me mit mal à l'aise, il parlait de nous avec une adoration un peu démesurée. Je ne voyais pas bien en quoi nous pouvions susciter une telle passion. Sa peinture était jolie, une représentation, mais ce n'était pas mal.je n'étais pas capable de réaliser un tableau, à quoi bon d'ailleurs, certains des miens pouvaient inciter la nature à pousser de telle ou telle façon pour rendre la clairière plus pratique, mais ...

Pourquoi me regarde-t-il comme ça ? Je dois avoir un insecte dans les cheveux. . .

Discrétement le croyais-je je passais la main dans mes cheveux légèrement pour ne pas blesser l'insecte, je ne trouvais rien, je me déplaçais pour me donner une contenance et m'approchais de la peinture. Je trouvais que ça ne rendait pas bien justice à la réalité.

Il manque le mouvement, et puis l'odeur, ce n'est pas si mal que ça. Voudriez-vous nous montrer le chemin ?

Je préférais l'avoir devant moi avec nous plutôt que derrière.

Quand aux gobelins... A quoi sert de s'inquiéter à l'avance.

 

"...bien sur , votre civilisation est sous-tendue en l'accord dans une unité harmonieuse de la Nature et c'est en cela que réside le principe d'éternité de votre idée de "beauté" "...songea t-il à haute voix en réponse à la réflexion de Hyndel...
" Oui , nous aurions tant à apprendre à confronter vos concepts du Beau , du Vrai et du Bien . Ce serait fort préjudiciable que , comme vous le dites , me soit refusé le séjour de Athel Loren...

" Quant à la grande route de Loren , il vous suffira de faire le chemin inverse qui me permit d'arriver jusqu'ici . Marchez en direction de la vôute , la grande route de Loren y longe ses premiers contreforts montagneux ! "

 

Et bien s'il est décidé...

Et bien, nous vous remercions et soyez prudent. Les bonnes intentions ne font pas les bonnes armures!

Hyndel salua le vieillard et commença à s'éloigner. Tous en s'éloignant il pensait à la recrudescence des gobelins.

Il faut nous prémunir des agressions de cette vermine! Un combat est gagné avant qu'il ne soit engagé.

Hyndel se tourna vers Lhyn avec un sourire carnassier:

Mettons à profit mes connaissances végétales ! si je trouve de laBête à Khorne, un Dinax, et un pied de cochon, nous serons prêts à affronter ces bêtes. La première trouble la vue, la seconde est un poison et la troisième un soin aux blessures .

Il expliquât à Lhyn l'apparence des plantes pour qu'elle puisse l'aider.

Et il se mit en quête des dites plantes.

 

Plus d'une fois Lhyn l'appela pour lui montrer une plante ou une autre mais avec peu de succès, elle le fit moins, un peu honteuse de n'être pas capable de trouver facilement des plantes alors que son compagnon lui avait expliqué plusieurs fois et montré puisqu'il en avait trouvé, lui, il était patient mais elle n'avait jamais eut autant d'affinité avec les plantes que le reste de son clan. Ce faisant ils progressaient nez au sol vers la route.

Je m'étirais regardant alentour, nous avions progressé sans nous en rendre compte. J'avais toujours faim et mon estomac gargouilla bruyamment ne m'épargnant aucun "déshonneur". Pour qui allait me prendre Hyndel, décidément ce départ était chaotique et peu conforme à ce que j'avais imaginé.

Je ne te suis pas d'une grande aide compagnon, je vais monter la garde pendant que tu constitueras ton stock d'herbacées.

 

Les deux jeunes elfes avaient repris leur marche , obliquant dans la direction que leur avait enseigné théo van Heughebaert pour rejoindre la grande route de Loren , chacun repensant à cette bien singulière première rencontre avec un humain...

 

Hyndel avait tout d'abord entrepris ses recherches dans une prairie non loin du bois d'où ils venaient de quitter ce curieux personnage , champ qui lui semblait promettre à une récolte fructueuse . Malheureusement , soit ce n'était ni le lieu adéquat , ni la saison propice pour trouver une des trois espèces végétales qu'il s'était proposé de récolter , soit il joua de malchance , mais à la place de celles-ci , et c'était un moindre mal , il avait pu ramasser assez de colchiques , fleurs roses-violettes qui ressemblaient au lys , pour concocter deux doses d'un poison qui agissait par ingestion .
Dans son panier , il y avait aussi quelques spécimens de captain's heart , petites fleurs rouges en forme de coeur , surement les dernières avant l'arrivée imminente de l'hiver . A partir de ces dernières , expliqua-t'il à Lhyn , les druides tiraient un breuvage analgésique pour leurs animaux .

Puis , le ciel s'était assombris et un vent plus puissant venant de l'est s'était levé . Alors , les deux elfes avaient repris leur marche et rapidement , il n'y eu plus assez de luminosité pour distinguer les différentes espèces d'herbes . Bientôt l'orage et la nuit allaient les rattraper . Ils n'apercevaient toujours pas la grande route de Loren et dans cette partie des grandes prairies , ne poussait qu'une herbe courte et sèche .

Au loin , peut être à une heure d'une marche rapide , ce qu'ils avaient tout d'abord pris , en début de journée , pour une ville humaine , se précisaient être les ruines d'un château solitaire qui pouvaient représenter un abri contre la tourmente .

Voilà une bien maigre recolte! se dit Hyndel, décidement ce n'était pas son jour, comble du déséspoir, il se mit a plevoir.
Hyndel appercevait les ruines du chateau. Voilà ce qu'il en coute de lutter avec Athel Loren! Pensât le druide
Nous ferions bien d'aller s'y habriter. Pressons le pas si nous voulons pas êtres aussi trempé qu'un poisson!

Il appercut le feu
Soyons sur nos gardesdit ils en montrant le feu

 

Je me demandais si l'état étrange dans lequel était Hyndel depuis que nous étions arrivés dans les ruines était normal, je n'avais jamais côtoyé de druides, était-ce la présence des humains, l'éloignement de la forêt ? Peu m'importait en réalité, je le vis partir et le suivis en faisant un geste vers Ranulf. Il était un compagnon, nous aurions besoin les uns des autres pour survivre, autant commencer à tisser les liens qui nous permettraient de compter les uns sur les autres le moment venu.

D'accord Ranulf, mon service sera de te protéger de ma lance si quelqu'un tente de te porter préjudice. Mais il faudra que tu fasses de même, car quand nous atteindrons des terres que tu n'auras pas foulé, qu'auras-tu à échanger alors.

 

Il observait les alentours des prairies, le paysage lui était étrangement familier, au loin il entendait le son d'une rivière, le bruissement des feuilles secouer par le vent, oui tout était comme en ce jour.

Il était jeune, il n'avait pas encore vu sont centième printemps. Après avoir mis une raclée à ses "frères" au corps à corps, il partît laver ses plaies à la rivière,les yeux plein de larmes et le coeur remplit de haine envers ses "frères", ils l'avaient sacrément molester au cercle de lutte, ne se gênant pas pour se moquer de lui et continuer de le frapper une fois a terre.

Alors qu'il s'approchait de la rivière il aperçut une forme bleue, vaguement féminine. Il n'en croyait pas ses yeux, une Ondine ! un des esprits de Loren des plus rare. Il s'approchât doucement de celle-ci, elle le regardait droits dans les yeux, jaugeant la pureté de son coeur.

Le jeune elfe bien qu'impressionner, se courbât devant elle

-Oh grand esprit de l'eau entendez ma requête, peut un simple elfe comme moi laver mes plaies dans votre eau sacrée

Il attendait les yeux fermés, remplit de crainte.

Et il fut éclaboussé. L'Ondine disparut dans un rire cristallin, le laissant seul avec ses pensées.

Cette eau eu un effet incroyable sur Hyndel, lui donnant courage et détermination.

Le lendemain il écrasa ses frères. Dorénavant il leur était supérieur par la pureté et personne ne pourrait faire obstacle à sa destinée: il était protégé par l'esprit de l'eau!

Qu'est qu'j'aurais à échanger? Ben shuis pas mauvais pour m'en sortir dans les coins sauvages, pis shais voir arriver les dangers, et pis vous autres vous êtes pas trop au courant de c'que les hommes y font, et moi j'peux leur parler quand y vous r'gardent bizarre... Que des fois y pourraient vous j'ter des pierres pasque vous êtes pas comme eux.
Si ça t'va, on est partis!

Ranulf s'engagea sur les sentes au milieu des prairies vallonnées et des bois. Il marchait en tête, s'arrêtant régulièrement pour observer le paysage et s'assurer de la bonne direction. Il n'était pas très difficile de s'orienter, il suffisait de regarder vers les montagnes et d'avancer tout droit.
Les deux elfes le suivaient sans problème, avec leur allure rapide et leurs gestes vifs.
Hyndel avait fini par se ressaisir, devancé par Lhyn qui suivait d'un pas sautillant les traces de Ranulf.
Ce dernier s'arrêta sur un petit promontoire et attendit que ses deux nouveaux compagnons arrivent à sa hauteur.

Dans pas longtemps qu'on y s'ra à la route de Loren!
Au fait?Vous m'avez pas dit où qu'vous alliez? Pasque moi j'vous mène à la route mais shuis pas bien sûr
Les hommes sont réellement si affreux que tu le dis Ranulf ? Pourtant ni toi ni le peintre ne vous êtes jeté sur nous. Allons, il y a surement de par ce monde d'autres hommes de ta trempe ou de la sienne. Un monde remplit d'humains tel que tu les décris serait bien tristement en proie aux affres du chaos.

Je ne plaisantais qu'à moitié, je savais les peaux vertes résistantes, bien qu'on en ai pas vu depuis longtemps nous n'étions pas autant exposé que les humains.

Où nous allons ? Nous voulons rejoindre nos origines. Le chemin sera long mais nous y parviendrons. Je tendais le bras pour leur montrer ce que je voyais. N'est-ce pas la route que l'on voit à l'horizon ?

Hyndel était silencieux, je me demandais quelles pensées pouvaient l'assaillir. Derrière nous au loin les bois touffus de notre enfance, devant nous l'inconnu nous tendant les bras.

Hyndel, tu trouveras sans doute de nouvelles plantes bientôt, le long des routes humaines doit bien pousser quelque inconnue que tu sauras découvrir. Compagnons, le vaste monde nous attend, ne le faisons pas languir.
Hyndel était en fait fourbu et fatigué. Les incessantes requêtes matérialistes de l'humain froissaient son côté spirituel.

En échange, je ne te tuerai pas. C'est un grand effort de ma part. Quand au lancer de pierre, n'avez-vous pas peur des puissances formidables que nous possédons ? L'attitude la plus appropriée serait la crainte.

Hyndel s'était exprimé en commun. Un long dégoût l'envahissait alors qu'il utilisait le rugueux et disgracieux parlé des hommes.

Il savait que les hommes de Bretonnie, tel était le nom de la contrée , étaient des rustres, il n'y avait qu'à voir les bucherons qui chaque années , malgré les interdits , attaquaient les bois de Loren et finissaient une flèche entre les deux yeux...aucun sens de l'apprentissage. Mais il continuait d'espérer, peut être il y aurait des érudits au sud, plus loin des pôle et de leurs influences démoniaques.

La nuit tombe dépêchons-nous !
Ranulf regarda Hyndel avec un regard de travers, comme si il regardait un animal curieux.
Il n'aimait pas trop le ton qu'employait cet individu si imbus de sa propre puissance.

Ma foi. V'là ti pas qu'vous m'menacez? J'ai pas offert un coin d'mon feu pour vos p'tits culs? Vous voulez que j'vous laisse là tous seuls? Moi j'ai t'jours été tout seul, pas moyen qu'j'ai eu d'la chance comme vous aut' qu'avez des armes et qui savez faire des trucs avec les animaux! M'suis t'jours battu pour manger, pour dormir, jamais eu d'famille vraiment, alors me m'nacez pas avec vos grands airs, ça m'fait pas peur!

Et pi t'as intérêt à rabatt' ton caquet quand tu vas arriver dans les bleds, pasque déjà moi j'ai des ennuis pasque shuis tout bouseux et pauv', alors toi qu'es un étranger tu vas vite comprendre la musik'. Y en a qu'auront peur y t'laisseront mais d'aut' y s'en prendront à toi.
Dans l'monde des hommes c'est difficile de viv', alors chacun s'défend son p'tit coin comme y peut. Y en a comme moi y peuvent pas grand chose alors on vit d'rapines et d'charogne comme qui dirait, et puis d'autres y sont méchants et y maltraitent leurs voisins...
Y a bin quequ' preux chevaliers mais sont pas nombreux par ici!

Bah à quoi bon j'te parle, tu comprends rien et t'façons tu m'prends pour un animal qui sait rien.
Essaie d'me tuer et j'te tranche la gorge, c'est bien d'accord?

Il se tourna vers Lhyn et sourit laconiquement.

M'dame faut bouger, y a la route là bas et pi y a des auberges avec un bon lit et repas chaud. Mais là-bas shais pas si j'pourrais aller, des fois y a des gars du comté qui m'aiment pas alors j'resterais p'tête dans les bois à vous attend'.
Le petit groupe reprit sa marche en direction de la grande route de Loren , n'hésitant pas à couper à travers des bois épais et des taillis de ronces dans une course contre le crépuscule . La tension entre le vagabond humain et le druide sylvestre --les deux se dardaient de regards mauvais-- était tangible pour Lhyn .
Ranulf avait dit vrai ; au bord de la route , qui n'était plus qu'à un kilomètre , vers l'est , se dressait une grande bâtisse ceinte d'un haute palissade en bois...l'auberge-relais de "L'uccetto notturno" , point final de leur longue journée de marche et début d'une nouvelle autre aventure...l'immersion dans le monde des humains.
Hyndel mon ami calme toi, Ranulf n'est pas un mauvais bougre, en outre il a raison, nous ne connaissons rien à son monde, nous devons le traverser, il fait jusqu'à maintenant un excellent guide, je ne comprends pas ce qui te dérange, son apparence ne devrait pas tant compter que la droiture qui semble l'animer.
Puis j'ajoutais en elfe. Nous ne sommes pas des humains, ne devient pas comme eux.

Je me moquais de leur dispute, la route était longue la forêt me manquait déjà et j'avais besoin de manger dormir et me laver. Je ne savais pas ce qu'était une auberge, les anciens décrivaient cela comme une construction de pierre dans laquelle vivaient les humains. J'appréhendais mal la raison qui les poussait à s'enterrer de la sorte. Comme toujours j'étais curieuse et je voulais savoir, j'eus une idée, je ne savais si les deux mâles suivraient.

Que diriez-vous de courir jusqu'à la route ? Le dernier arrivé est une elfette !

Je riais de cette boutade en m'élançant, je libérais dans cette course tout mes doutes et la tristesse qui en secret habitait mon coeur. Je ne perdrais pas quelque soit l'ordre d'arrivée, je courais sauvagement, la route était plus loin qu'il n'y paraissait, je ralentis et m'assis par terre puis me laissais tomber dans l'herbe, ma respiration était rapide, je pensais aux remontrances qu'auraient surement accompagné cette galopade, ceux de mon clan n'étaient pas impulsifs, tout y prenait une tournure si solennelle, soudain les bois ne me manquaient plus tant, je goûtais les instants de cette liberté. Attendant que me rejoignent Hyndel et Ranulf.
Ranulf se mit à courir aussi, soudain animé d'une joie qu'il n'avait pas connu depuis longtemps.
Retrouvant une âme d'enfant, il galopa le plus vite possible et rattrapa finalement Lhyn qui s'était laissée tombée dans l'herbe.
Il s'assit à côté d'elle dans l'herbe et la dévisagea avec un grand sourire.
Ayant repris son souffle, il s'adressa à sa compagne de voyage :

Quelle course! V'là ti pas que ça m'rappelle qu'j'étais gosse!
Il regarda vers le bâtiment en bord de route.
Vous avez qu'à aller en premier là-bas, moi j'attends ici.
SI y a pas des soldats ou des gens qu'ont l'air mauvais, vous faites signe et j'vous rejoins. Qu'ça fait longtemps qu'j'ai pas dormi dans un bon lit et j'dirais pas non!
Hyndel, encore abrutis par les drogues, réagit le dernier. De toute façon, il ne se prétait pas à se genre d'enfantillage, qui plus est il avait grande faim.
Il regoigna les autres au pas.
En faite, il était fruster d'avoir manqué l'occasion de gambader avec l'elfette, il les voyait parler, et commençait à s'imaginer des choses....
Stop, garde la tête froide, il ne faut plus t'emporter, tu ne deviendras pas comme ces sauvages
Les paroles de Lhyn l'avaient marquer et il se prommetait de faire un effort pour être plus "elfique".
Passant au près d'eux, il se souvient d'une remarque faite par son père des annés plustôt:"La terre des hommes dévérgonde les femmes". Une fois de plus, l'ancien avait raison.
Je regardais Ranulf.

Si tu veux, je te dirais. S'ils ne veulent pas de toi nous resterons dehors, compagnon, la nature est bonne avec ses enfants. Mais j'aimerais quand même essayer une auberge.

Hyndel nous rejoignit alors. J'espérais n'avoir pas été trop dure avec lui, il était la seule famille que j'avais ici, même si Ranulf m'inspirait confiance, il ne serait jamais qu'un humain, j'avais commencé à connaître Hyndel, le mélange de sagesse et de sauvagerie qui faisait son caractère me plaisait.

Je me relevais et lui pris la main, autant pour me rassurer que pour le réconforter. Je lui parlais en elfe, faisant vibrer notre langue comme les danseurs qui s'entrainaient près de notre clan.

Allez viens, allons voir ce que c'est une "auberge", tu sais que je n'en ai jamais vu...

Et je tirais sur son bras pour qu'il suive.

 

Hyln et Hyndel avaient emboité le pas de ce jeune vagabond humain et durant toute la journée , celui-ci les avait mené en direction de la "vôute" . Son déplacement forestier , malgré ses pieds nus , était alerte et Ranulf força la considération de ses deux compagnons sylvestres .

Le petit groupe avait retrouvé des forêts , puis de nouveaux de grandes étendues d'herbes rases alternant avec de petits bois jusqu'à , enfin , ce promontoire ou ils venaient d'arriver .
Les journées du mois automnal de Brauzeit étaient très courtes et Hyndel , qui intuitionnait le déplacement des astres dans leur course céleste , savait que le soleil commencerait bientôt à décliner , laissant place au crépuscule puis , à la nuit .

Hyln , exerçant son acuité visuelle , aperçut une fine bande de terre qui s'accrochait à l'horizon . Il s'agissait de la grande route de Loren !

 

"L'uccello notturno" ("l'oiseau nocturne") est une de ces auberges-relais installées le long de la grande Route de Loren . L'aubergiste et propriétaire est un ancien commerçant fauché de la grande principauté de Miragliano en Tilée . C'est une grande bâtisse ceinte d'une haute palissade de bois qui la protège des dangers extérieurs . Sa clientèle de passage est cosmopolite et hétéroclite : Bretonniens , citoyens des Principautés Frontalières , Tiléens , paysans , commerçants , et autres aventuriers...un de ces endroits privilégiés ou l'on peut y faire de nombreuses rencontres et prendre connaissance des informations et rumeurs colportées par les voyageurs.

 

Un feu crépitait dans le grand âtre qui trônait au milieu de la salle commune . L'ambiance y était feutrée , chacun entendant profiter de son repas dans le calme après une journée passée sur la grande route de Loren .
Une vingtaine de clients étaient attablés selon cette disposition :

_Deux jeunes hommes habillés de froc et de chemise bouffante à la "Bretonnienne".
_Un personnage rondouillard au visage dissimulé sous un large chapeau aux bords larges .
_Quatre commerçants d'origines diverses .
_Un nain à la longue barbe rousse , portant un chapeau extravagant décoré d'une grande plume d'un oiseau exotique .
_Une ravissante jeune femme à la toilette distinguée et au port aristocratique accompagnée de son précepteur et d'un valet .
_Un individu patibulaire recouvert d'un long pardessus sale et élimé .
_Deux prêtres de Véréna.
_Une table vide à coté de celle du personnage rondouillard .
_Une autre table vide , celle-ci attenante à la table de l'individu patibulaire .

 

Je ne savais pas lire et les gribouillis affichés devant l'auberge ne m'intéressaient pas. J'avais lâché la main d'Hyndel mais devant l'imposant batiment j'hésitais à entrer, je regardais s'il y avait des gardes, il devait craindre une armée régulière, je ne vis de prime abord aucun uniforme, je fis donc signe à Ranulf qui guettait au loin.

Hyndel ? Tu crois que nous avons quelque chose à craindre ? Lui demandais-je. Je poussais la porte et à peine le seuil franchit je me sentie mal. Je n'aime pas cet endroit, tu n'as pas l'impression d'étouffer ici ? Où devons nous aller, que devons nous faire ? Ajoutais-je toujours en elfe.

 

Ranulf attendait depuis quelques minutes quand il vit la silhouette de Lhyn lui faire signe de la main. Il fut soulagé, il n'avait pas très envie de passer encore une nuit dehors.
Il vérifia le contenu de sa bourse.

C'est bon, j'vais même prend' un bain...

Puis il avança guilleret vers l'auberge dont les lumières commençaient à percer la nuit naissante.

 

Au moment où Lhyn avait pris la main d'Hyndel , son esprit disparut en une marrée de pensées les unes plus folles que les autres, remplie de " et si...alors...donc"

Ressaisis-toi, l'émotivité n'est pas digne de ton rang.

Il souffla un bon coup et redevint calme.

En rentrant dans la taverne Hyndel fut réconforté:

Pas de légion de paysans ivres et autres soudards.

Face aux interrogations de Lhyn, il répondit par un sourire doux et aimable.

-"Ne t'inquiète pas, je suis là .Mon père m'a parlé de ces endroits..tu vois le sac à graisse derrière le muret de bois, c'est un aubergiste, c'est lui qui gère cette chose, avançons vers lui, tous se passera bien"-

Intérieurement , Hyndel était sur du contraire . Il commençait à sentir le dégout et la peur des autres clients, mais il se contenait encore...qui sait combien de temps cela pourrait durer.

Il s'approcha enfin de l'aubergiste.

-"Bonjour, cher humain aurais-tu de quoi nous sustenter et de...une chambre double?"-

Au regard interrogatif de la maitre lame,il répondit en elfique:

-"Ce sera plus prudent, ensuite nous nous assiérons à une table et commanderons un repas .Sois heureuse Lhyn, tu mangeras chaud , dormira sous un toit et qui sait, tu pourras même te laver.

 

Aldric poussa prestement la porte de "L'uccello notturno" . Il était tétanisé par le froid , à vrai dire , la machine infernale des nains était rapide mais très mal isolée . Il eut le luxe de soupirer en entrant et retira la couverture qui lui servait de cache-nez . A ce rythme , d'ici quelques semaines , il aurait fait le tour de toutes les auberges-relais de Quenelles et pourrait même en rédiger un guide ... " la Grande Quête des auberges"

Il observa vivement la salle et les clients puis reconnu aisément l'aubergiste , qui parut avoir à faire avec des clients "inhabituels " .Il distingua un petit groupe , très inhabituel , qui qui plus est , était armé , contrairement à la majorité des clients . Il vit , une épée courte : un bretteur , ou un milicien ? Une lance : un chasseur ou un garde ? et ce qui lui semblait être un couteau fort bien caché .

Mais il releva enfin son regard , et sans approcher d'avantage , distingua clairement non pas une mais bien deux paires d'oreilles bien trop longues pour être humaines , qui brillaient par le fait qu'elles semblaient être un prolongement de l'expression de leur propriétaire car elles remuaient sans cesse.

" - Quoi ? Ici ? "

Il n'y avait pas d'autres explications , pourtant c'était un lieu bien inhabituel pour des elfes , armés qui plus est .

Il s'approcha donc calmement en attendant que l'elfe blond à l'épée ait terminé de parler à l'aubergiste . Il passa aussi à l'elfe à coté , qui semblait fort mal à l'aise , puis lorsque il fut assez prêt pour voir discrètement de l'autre coté , ce genre de "merveille " ne pouvait être que Une elfe mais il s'en doutait déjà , ayant reconnu sa stature svelte et élégante .
Pour finir le trio , une sorte de ce qu'on aurait pu prendre pour un épouvantail qui était en fait un paysan , de ce qu'on fait des plus crasseux , mais qui se tenait étonnamment prêt de la belle . Il s'agit rien de moins que d'un outrage !

Seulement , fallait-il se faire remarquer ici au risque de tolérer cette infamie ?

Aldric tripota la garde de son épée en pensant intérieurement au pour et au contre .

 

L'exclamation m'avait faite sursauter, je tournais la tête. C'était un homme d'arme, et je regardait Ranulf en espérant que ce n'était pas ce genre d'individu qu'il craignait. L'humain avec des armes m'avait détaillé, je n'aimais pas la façon dont il me regardait, il avait un air sévére et aussi rigide que pouvaient l'être mon père et ma mère. Sans y prendre garde j'appuyais mon flanc à celui d'Hyndel, lui saurait comment réagir, il connaissait les auberges. Ma conviction était inébranlable, du moins le pensais-je. Ranulf était entre l'homme et moi, j'appréciais aussi cette position qui me rendait moins accessible.

Je n'aime vraiment pas les auberges tout compte fait. Murmurais-je en elfe plus pour moi-même que pour Hyndel.

 

Lhyn était nerveuse, il le sentait et surement , d'autres le sentaient. Il fallait la calmer avant que les clients ne soit excités par cette jeune et fringante elfe effrayée .

Qui plus est, son mouvement de hanche le dérangeait et trahissait son manque de confiance en elle.

Il l'attrapa par la taille et lui murmura à l'oreille .

-"Ne craint rien, je suis là , ne montre surtout pas ta nervosité, soit confiante. Et s'il te plait arrête ce mouvement fort gênant"-

Il se tourna vers l'homme qui avait le regard offusqué , un homme d'arme. Il le jaugea du regard , le regardant de son regard hautain et sur de lui.

Acoudé au comptoir dans une attitude nonchalante , il observait les autres clients . Son regard s'arrêta sur le visage de la ravissante humaine entourée par les deux hommes. Il croisa son regard et lui fit un petit sourire à la fois prétentieux et malicieux.

-"Humain, va réserver la table à côté du gros lard"-

Puis il reprit en elfique:

-"Peux-tu le rejoindre à table ? Je vous rejoins bientôt"-

 

Ranulf reconnut immédiatement l'allure fière de chevalier que présentait le nouvel arrivant.
Il s'avança vers lui et le salua bassement.

-"B'jour à vous nob' chevalier. Shuis Ranulf et j'suis guide pour ces deux elfes là qui sont Hyndel et Lhyn . On f'ra pas d'ennuis dans l'auberge pour sûr..."-

Il attendit la réaction du jeune chevalier avec appréhension; il ne savait jamais comment pouvaient réagir les nobles, parfois ils étaient violents, parfois très gentils, c'était toujours impossible à prévoir...

 

L'épouvantail venait le sortir de sa réflexion , dans une langue qu'il connaissait à peine.
sans doute un sorte de "patois" local .

Il répondit , incrédule.."- Toi ... tu es le guide de ces elfes ? "
Il se retint difficilement de rire , mais ne pu s'empêcher de ricaner .

Ensuite il contourna le manant du nom de "Shuis Ranulf" , inspecta son équipement ,principalement son espèce de couteau de cuisine rouillé .

Puis se dirigea vers la table ou venait de s'installer les elfes .

Il leur fit une courbette solennelle , sembla chercher ses mots avant de prendre la parole , tachant d'adopter un accent chanté et fin qui n'était pas le sien .

"- hantale Taur Aredhel ..."
Il hésita une nouvelle fois puis
"-Beleg macar-"
en s'adressant à l'elfe blond
"-Galad Arwen- "
en s'adressant à la gracieuse.

Il reprit enfin en langue commun.
"- Aldric d'Agatha pour vous servir ...-" en réitérant sa courbette..."-Dites moi , navré de vous importuner avec ces futilités , mais le .. manant la bas dit être votre guide , et cela me surprit quelques peu pour une compagnie de votre qualité ...-"

 

Hyndel était abasourdi , voilà que les humains se mettaient à parler elfique ! Il ne savait s'il devait être offusqué par cette torture de sa langue ou être émerveillé et intrigué par cet énergumène armé , il choisit la deuxième option:

-"Bonjour Noble Humain, oui cet homme est notre guide , mais prenez place à notre table! Ne vous gênez pas! D'où venez-vous et où avez-vous appris notre langue?-"

Hyndel était très excité.

C'est peut-être un aristocrate cultivé avec qui je pourrais partager des savoirs!

Il ne cessait de regarder la belle dame du coin de l'œil et la gratifier de beaux sourires , et bien qu'au fond de lui il savait qu'il ne devait pas , son esprit le faisait quand même , les dieux seuls savaient pourquoi .

 

L'aubergiste les accueillit avec la bonhommie et le savoir faire mercantile propre aux commercants Tiléens ; du moment que ses clients montraient "patte blanche" et , surtout , "borsellino pieno" ("bourse pleine") , peu lui importait que ceux-ci soient des elfes ou des vagabonds crasseux . Quant aux clients installés dans la salle commmune , ils avaient pour la plupart déjà rencontré des elfes...qu'il s'agisse des Hauts-Elfes installés dans les zones portuaires des citées lacustres de Tilée ou bien des patrouilleurs sylvestres de la "fir Rannascath" qui assuraient leur sécurité sur la grande route de Loren...pour le reste , peu se souciaient d'en faire la différence et tout au plus , étaient-ils surpris de leur présence comme simples "clients"...

De la table ou Hyndel et Lhyn venaient de s'installer , ils pouvaient entendre quelques bribes de la conversation de ces quatre marchands . Ceux-là semblaient partager leur indignation au sujet de l'augmentation des taxes d'importation et de la recrudescence des raids de bandes de gobelins qui rendaient leur exercice d'autant plus risqué et aléatoire .

Lhyn souffrait des regards fugaces et pourtant inquisiteurs de cet homme adipeux attablé à coté de eux qui mangeait sa soupe avec précaution . Quant à Hyndel , ravis par les atours de cette charmante créature humaine installée en face de lui au fond de la salle , il en était néanmoins affecté , décelant en elle une expression contre-nature qu'il ne pouvait s'expliquer.

Mais leur trouble fut interrompu par l'abord de ce jeune chevalier qui , à leur grande surprise , venait de s'adresser à eux dans leur langage Elfique .

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Lorsque Aldric trouva la garde de son épée , le personnage patibulaire au pardessus usé eut un léger mouvement que saisit le jeune noble-chevalier. Il ne s'en était pas aperçu de prime abord mais lui aussi était armé et son mouvement de bras lui dévoila la présence de son épée qui reposait contre un pied de la table , à portée de main...ce qui trahissait une habitude martiale .

Ce personnage qui , installé devant son repas , leur tournait le dos , était assis à deux tables de là et se retournait de tant à autres vers eux avec une moue mauvaise .
Ranulf s'assit à la table après avoir demandé à manger pour quatre personnes à l'aubergiste. Habitué à servir, ce réflexe lui était venu naturellement.
Se concentrant sur sa chope de bière, il décida de ne pas déranger ses compagnons, surtout le noble et Hyndel, qui semblaient décidés à le traiter avec arrogance. Ça n'apportait que des ennuis que d'essayer de tenir tête à des gens comme eux.
En revanche il était décidé à ne pas lâcher d'une semelle cette jeune elfe qui semblait lui vouer une sorte de confiance. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps : avoir la confiance de quelqu'un. Et puis la suivre lui permettrait visiblement de voyager loin, de ce qu'il en avait compris.

Il sirota tout en regardant distraitement les occupants de la salle.

M'étonnerait pas qu'ce type à la trogne pas nette soit une sort'de chasseur de primes...

Il décida de le surveiller du coin de l'œil, au cas où...
J'étais de plus en plus mal à l'aise, Hyndel ne semblait plus intéressé par notre situation, je décidais de ne plus lui adresser la parole, il avait dit que j'avais peur.

Je suis une guerrière, je n'ai pas peur. Qu'il me prête son épée et je pourfendrais tous ceux qui voudront approcher, à commencer par ce gros humain.

Lhyn regardait la porte fixement.

Je me souvins de ce que m'avait enseigné mon tendre ami, laisser les bruits glisser à mes oreilles, détendre mes muscles et dénouer mes épaules, poser mes pieds bien à plat sur le sol, visualiser les positions sacrées du combat pour honorer les dieux et la nature, imaginer sentir le vent, l'herbe et respirer profondément comme endormie. J'entendais mieux les conversations et je notais la présence de chaque client, les détaillants rapidement afin de deviner le moindre de leur mouvement, je m'exerçais ainsi sans que personne ne le voit anticipant les mouvements de la taverne comme s'il s'était agit d'un bosquet et des humains comme s'ils en étaient les animaux.

Le visage de l'elfe se détendit et lui vint un doux sourire à peine esquissé juste sous-entendu, elle avait trouvé le moyen de se sentir bien et prête à toute éventualité et cela se voyait dans son maintient.

Ranulf dit moi, comment se déroule la prise d'une chambre dans ce lieu, il suffit de demander pour obtenir quelque chose ?

Je savais que je passais à côté d'une information capitale, la manière la plus simple de l'obtenir était de demander.
Ranulf détrouna son regard du gars bizarre, pour sourire à Lhyn :

Bah faut d'mander au taulier pi faut payer bien sur!
Moi j'vais prend' un bain aussi qu'shuis tout sale et crevé.
Tu veux qu'j'demande?

Il se leva pour accompagner sa proposition.
Payer ? Non, ne te dérange pas, je crains d'être fort mal partie, je n'ai pas monnaie vacante.

J'avais parlé vite et bas afin que peu de monde puisse entendre. D'un côté mon infortune me permettrait de dormir dehors loin de l'insécurité que représentait pour moi cet établissement. Je ne mangeais rien puisque je n'avais pas de quoi payer et je ne touchais pas à mon verre.

Comment se fait-il que tu n'aies pas d'épée ou de lance ? Et pourquoi n'exerces-tu pas le métier de ton père ou de ta mère ?

Ranulf m'intriguait et je le trouvais si différent des autres humains, j'avais envie de l'aider. Mais comment alors que je ne savais même pas comment me procurer des pièces ni où.
Ranulf se sentit mal à l'aise face à de telles questions.
Personne ne s'était jamais intéressé à sa vie, à ses envies ou autres choses qui le concernaient personnellement.
Il parla également à voix basse, imitant son interlocutrice.

Mes parents sont morts qu'j'étais p'tit. J'viens d'la montagne loin d'ici, dans un aut'pays d'bretonnie qu'est l'Duché d'Gaconnie.

Il s'éclaircit la gorge, pour signifier une sorte de ponctuation, puis finit son reste de bière d'un trait.

J'peux payer s'tu veux, avec les gob'lins faut pas dormir la nuit près d'la route comme ça! Ça s'ra à charge d'revanche!
-"A charge de revanche ?"-

Je voulais être sure de ce que cela signifiait, je ne connaissais pas cette expression et je ne voulais pas paraitre sotte.
Il y avait quelque chose de très attachant encore une fois dans sa façon de s'adresser à moi, je notais qu'il n'était pas comme le soldat et au contraire d'Hyndel qui était attiré par les apparences une fois de plus je ne voulais pas risquer de perdre un lien qui commençait à se tisser entre notre valeureux compagnon et nous. Nous avions partagé un feu de camp, et une journée de marche.

-"Tu sais un gobelin ne fait pas le poids face à ma lance, et si j'avais une épée..."-

Je n'avais jamais vu de gobelins, les anciens racontaient que c'étaient de méprisables créatures toutes petites et fort balourdes. Que pouvaient de telles créatures face à un elfe.

A une guerrière elfe.

Mais au fond je savais que je fanfaronnais, comment être sure de l'issue d'un combat.

-"Tu as raison, je le sais, il ne sert à rien de s'exposer inutilement, notre route sera suffisamment périlleuse. J'accepte ta proposition."-
Aldric s'assit à la table , tout en regardant du coin de l'œil le manant (qui avait fort besoin d'un bain) et l'elfe à la lance partir discuter tranquillement. Mais il avait déjà une fort bonne compagnie , l'elfe au nom de Hyndel .


-"Bonjour Noble Humain, oui cet homme est notre guide , mais prenez place à notre table! Ne vous gênez pas! D'où venez-vous et où avez-vous appris notre langue?-"


"- Bien cher ami , je viens d'une modeste baronnie prés de Quenelles , descendant de la famille dirigeante du fief , à savoir la noble Agatha . Concernant certaines prédispositions dans votre langue natale ,j'ai étudié quelques poèmes que mon prescripteur m'a traduit , et j'ai pu en déduire quelques bases de grammaire et un petit vocabulaire , assez basique , ceci-dit , vous aimeriez boire quelque chose ? "

Aldric en cherchant de l'œil l'aubergiste pour commander , ne put s'empêcher de noter la qualité des cheveux de Lhyn , comme si en l'espace d'une demi seconde , tout le reste s'était flouté pour la mettre en valeur , bien étrange ...
Hyndel était intéressé et ayant fini son immonde breuvage par respect au chevalier, il était quelque peut enivré .

-"Fort bien ! Fort bien ! J'avais commencer à croire que la race humaine ressemblait aux gens de son espèce"-

Il désigna Ranulf d'un signe de tête.

-"Mais il existe des gens distingués, qui connaissent la politesse !Ce que je voudrais boire? Un cru meilleur que cette chose"-

Il suivait la conversation de Lhyn et Ranulf et finit par remarquer l'homme corpulent à côté d'eux, qui ne se gênait pas pour jeter des regards sur son amie.

-"Mais qu'est -ce qui vous amène à voyager brave homme"- ?

Hyndel se sentait bercé par les bras puissants de l'alcool, n'y tenant plus, il s'adressa au "gros tas" .

-"Dites-moi, personne ne vous a appris que l'on ne devait pas regarder aussi fixement les gens ?!"-
"- Pour tout vous dire , je ne me sentais pas à ma place à la tête de ma baronnie d'autant que toute cette gestion ne m'intéressait pas le moins du monde , et je ne souhaitais rester à une place qui n'est pas la mienne et que je ne dois qu'a mon nom , d'autant que ma sœur s'en sortira très bien , et bien que ce soit contraire au mœurs Bretonniennes traditionnelles , elle est bien plus qualifiée que moi dans la garde du fief.
Puis , le simple appel à l'aventure et à l'inconnu n'est pas quelque chose que l'on peut ignorer-"

Ces mots dis , il reprit un verre , moins bon que le vin de la dernière fois mais il but tout de même .

C'est à ce moment là qu'il vit l'ami elfe se mettre à provoquer le gros "tas" à quelques tables de là.
Ranulf saisit la phrase de Hyndel au vol alors qu'il se levait pour commander une chambre.
Il se trouvait entre eux et ne souhaitait pas se retrouver pris au milieu d'une bagarre de taverne.

-"M'selle Lhyn, v'nez avec moi, j'vous mont' comment qu'on réserv' une chamb"-'.

S'écartant vivement de l'espace entre les deux tables, il se dirigea vers le comptoir sans lâcher des yeux le gros lourdaud ainsi que le type à la mine patibulaire.

Qu'ça va mal finir c't' histoire...
Les dernières paroles du soldat résonnèrent familièrement à mon oreille, le destin que d'autres choisissaient pour nous n'était pas toujours acceptable.

Hyndel fut de nouveau prit par la colère, je ne me levais pas pour suivre Ranulf.

Je posais ma main sur le bras d'Hyndel cherchant son regard afin qu'il puisse se reprendre, il était ivre, j'avais bien fait de ne pas boire mon verre.

Hyndel, calme toi l'alcool trouble ton jugement.lui dis-je en elfe

Puis me tournant vers l'homme Daignez excuser l'attitude de mon compagnon, il est fatigué et a grand besoin de se reposer.

Je n'excusais pas l'homme pour autant ni ne démentais les paroles d'Hyndel.
L'homme replet , dévoilant un coin de son visage glabre et satiné de sous les larges bords de son chapeau de feutre noir , ignora les paroles de sa congénère et décrocha un regard méprisant à cet elfe irrévérencieux qui , sans ambages , venait de l'apostropher. Rapidement , il termina sa soupe , se leva , et de sa marche rebondie , quitta nonchalamment la salle commune non sans avoir lancé un dernier regard dédaigneux aux deux elfes .

Ranulf qui , du comptoir de l'aubergiste , avait suivi le déroulement de la situation dans l'expectative se réjouit de son départ ...le personnage inquiétant au long pardessus crasseux se retournait avec de plus en plus d'insistance vers la table de ses compagnons.

La demoiselle , accompagnée de ses deux suivants , à son tour , quitta la salle commune...suivi peu de temps après par les deux prêtres de Véréna .

Ne restait donc que ces deux jeunes hommes Bretonniens qui venaient de commander une nouvelle bouteille de vin Tiléen , les marchands qui ayant perdu une unité , n'étaient plus que trois quoique leur discussion , elle , n'est point perdue en intensité , et ce singulier nain qui griffonnait un cahier posé sur sa table.

L'aubergiste Miraglianais prit la commande de Ranulf puis , il vint s'enquérir de celles de Lhyn , Hyndel et Aldric.
Je déclinais toute commande et me levais pour rejoindre Ranulf sans avoir ajouté.

Je pense que tu devrais aussi aller te coucher Hyndel, nous avons encore un long chemin en perspective. Messire je vous salue, le bon soir à vous.

Ranulf ? Dis moi quels sont les usages humain dans ce type d'établissement.

J'étais fatiguée et j'avais besoin de dormir, mon ventre s'était tue je n'avais plus faim. J'avais fait une erreur en adressant la parole au gros humain, il en avait été dérangé. Je me promis de faire plus attention.
Ranulf était content que rien n'ait dégénéré, il se tourna vers Lhyn.

Bah t'peux dormir dans un lit, et y a p'têt moyen d'prend' un bain.
Et pi tu manges pas? Faut grignoter et prend' des forces pour d'main. J'te prends un r'pas aussi, vas donc t'assoir manger.
J'ai d'mandé des lits dans l'dortoir, plein d'gens mais moins cher pour ma bourse!

Ranulf rejoignit la table tout en surveillant le gars patibulaire.

Hyndel, on dort dans l'dortoir qu'c'est moins cher. Tu d'vrais manger aussi, qu'tu s'ras tout fatigué d'main le vent'vide...
Hyndel était très frustré, les nerfs au bord du gouffre. On l'avait empêcher de défendre sa race!! Quelle honte! Il avait laissé partir l'homme car les yeux de Lhyn le suggéraient, mais il regrettait profondément son acte. Non seulement elle s'était couverte de honte, mais c'était un affront à toute la race Sylvaine.
Il regarda d'un œil mauvais le tiléen .

Un de vos plats sans viande

Puis se tourna vers Lhyn.

Tu prend une chambre double avec moi ? Tu n'iras pas coucher parmi les humains j'espère
Soit Hyndel n'avait pas entendu, ce dont elle doutait, soit il faisait encore sa mauvaise tête. Elle le regarda de toute sa hauteur et le regard froid et sévère comme le faisait son père quand elle courait au lieu de marcher, il n'avait aucune retenue et rivalisait d'humanité avec les autres convives présents.

Cependant c'était un frère, et elle devait bien reconnaitre qu'il se débrouillait mieux qu'elle jusque là, du moins lui semblait-il.

Elle ne voulait pas vexer Ranulf qui avait un coeur généreux et il lui vint une idée. Son regard s'adoucit toujours fixant son congénère, une bouffée de tendresse pour cet elfe qui était sa seule famille la submergea et elle s'adressa à lui en elfe.

Je n'ai aucune idée de ce que sont dortoirs et chambres, pourquoi ne dormirions nous pas tous au même endroit, comme nous le fîmes dans les ruines, comme nous le faisons chez nous ?

Puis je m'assis près de lui.

Ranulf je te remercie pour le repas que tu m'offres. Je n'oublierais pas ce geste.
Hyndel n'était pas satisfait mais il dut concéder.

J'accepte

Il garda ses rancœurs pour une autrefois, néanmoins il ne pouvait pardonner l'affront que Lhyn avait fait au royaume sylvestre et sa manie de s'amouracher des humains.
Elle venait de descendre d'un cran dans son estime.
Ranulf émergea de son assiette pour regarder la tablée.
Le jeune chevalier Bretonnien restait silencieux, ne se mêlant visiblement pas des affaires des autres.
Regardant les deux elfes, il se demanda ce qui pouvait bien les motiver. Lhyn était visiblement curieuse et plutôt sympathique et souhaitait découvrir le monde des hommes. Elle avait l'air d'une enfant par moments, mais pourtant elle ressemblait à une adulte en tous points...
Hyndel, en revanche, n'avait pas l'air de vouloir voyager et rencontrer des gens différents de lui, comme si il avait peur de quelque chose, et pourtant il avait quitté sa forêt et se promenait parmi les humains.
Si il avait pu, Ranulf n'aurait jamais quitté sa montagne et aurait peut-être même pu se marier et avoir son propre troupeau de moutons.
Décidément ces elfes n'étaient pas comme les humains, et pourtant il commençait à se plaire à leurs côtés.

Avec eux, personne pourrait le voler ou le maltraiter, car ils ne semblaient pas tenir compte de son statut misérable, mais plutôt de ses paroles et de ses actes, et cela, il ne savait pourquoi, le rassura...
Aldric venait de finir son assiette de soupe , dont il se servit au comptoir après avoir payé comptant la somme correspondante , il comptait compléter avec ses propres rations.

Il semblait pensif , et ne dit mot dans la conversation hautement inintéressante soit dit en passant,

"- Je vais acheter quelques affaires , je vous rejoints au dortoir dans quelques minutes "-

Il se dirigea ensuite vers l'aubergiste , et demanda à acheter une autre gourde , et de lui les remplir avec quelques choses de "chaud "
Après avoir chacun terminé leur repas , le petit groupe se rejoignit dans le dortoir , abandonnant à leur table les deux jeunes hommes qui achevaient leur bouteille.

La grande salle comptait une vingtaine de lits disposés en deux longues rangées et les clients , le nain insolite à la barbe rousse , et les quatre commerçants , avaient pris soin de suffisamment s'espacer afin de laisser aux autres , ainsi qu'à eux mêmes , le loisir de profiter d'une nuit d'un sommeil récupérateur .

Peu de temps après , l'individu patibulaire au long pardessus usé pénétra dans le dortoir , choisissant la couche près de la fenêtre grillagée du fond de la grande salle et laissant son épée en évidence contre son lit comme un fait exprès.

Les discussions murmurées se prolongèrent à la lumière des bougies .
Lhyn avait observait Ranulf tandis qu'il payait et à la surprise de celui-ci sortit des pistoles de sa ceinture en expliquant qu'elle croyait à des colifichets des babioles que les humains porteraient pour obtenir les bonne graces de la fortune ou de quelques divinités.

Ce troc humain des pistoles contre le gite et le couvert avait enchanté l'elfe qui du coup s'était mise à raconter comment cela se déroulait dans leur forêt. Au grand damne d'Hyndel.

Le caractère fâcheux de son comparse ne s'améliorait pas aussi une fois installés dans le dortoir ouvrit-elle la conversation, en commun.

Qu'est-ce qui t'a poussé à quitter ton lieu de naissance Ranulf ? Hyndel doit accomplir une quête, quand à moi je veux rejoindre les iles des Hauts Elfes parce qu'on en dit tant de belles choses dans nos légendes que ce doivent être des personnes merveilleuses. Et toi Aldric ? Tu voulais juste échapper à tes responsabilités ?
Ranulf n'aimait décidément pas toutes ces questions trop personnelles.
Et puis il y avait ce jeune chevalier qu'il ne connaissait pas.

Shuis parti qu'j'étais très jeune pasque mon village l'avait brûlé et les gens y zétaient morts, presque tous.
J'vais plus d'famille alors j'ai marché vers la plaine de Quenelles que j'pensais qu'ce s'rait mieux.
Et pi v'là je m'suis r'trouvé dans l'coin.
Cette promiscuité dans le dortoir avec l'elfe en aurait été presque agréable , si il n'y avait eu ce manant , comme un cheveu dans la soupe .

"- Chère Lhyn , je vous conterai mon récit dans d'autre lieux plus propice à ce genre de révélation , je suppose que vous comprendrez aisément , sur ce je vous souhaite une bonne nuit "-

Sur ces mots , il rentra dans ses draps , son épée au fourreau prise à deux mains , comme le ferait quelqu'un de beaucoup plus jeune avec une peluche .
Autrement dit il n'était pas causant. Lhyn en prit bonne note.

-"Ranulf je ne comprends pas, n'y avait-il pas des gardes pour vous protéger ? Dans la forêt chacun de nous peut compter sur les gardes pour intercepter tout envahisseur qui oserait s'approcher. Vous n'avez pas ce genre de système pour protéger les champ et les villages ? Pourtant il y a des soldats tel qu'Aldric qui sillonnent les routes si j'ai bien compris. Alors pourquoi ne vous viennent-ils pas en aide plutôt que de silloner le pays ?"-

J'avais surtout envie de comprendre comment un guerrier pouvait chez les humains quitter sa destiné comme l'avait fait Aldric et ne pas en être inquiété. Les miens ne me reverraient pas sans reproches quand à mon attitude qu'ils jugeraient irresponsable.
Aldric aurait préféré en discuter autour d'une bonne table comme d'accoutumé mais il n'avait rien de mieux à faire.

"- Vous semblez mal connaitre la Bretonnie ma chère ,en réalité , dans sa grande sagesse , Gilles le breton lorsque qu'il unifia le pays puis officialisé par son fils Louis , il s'agit des Codes du devoir , qu'on peut résumer ainsi ,
Puis Le serment du chevalier : Il jure de protéger son peuple et le fief que le Roy à confier à sa famille , au péril de sa vie si il le faut , ainsi un chevalier , quelque que soit l'ennemi a le devoir de l'affronter , ou être déshonoré à jamais ...
Tout d'abord Le code du paysan : Il jure de donner une partie de son labeur et de servir le seigneur de son fief , ce qui inclut le service militaire en cas de grand trouble."-

Aldric fit luire sa lame au clair de lune , sans doute pour le plaisir des yeux.

"- Quant à mes raisons , puisque vous vouliez tant les connaitre , il est de coutume pour tout noble chevalier de partir en quête afin de mériter sa place et son honneur , et personnellement il s'agira aussi de mettre en application toutes ces années de labeur -"
Hyndel, ces éloges de qualités n'étant pas les siennes, prit enfin la parole :

-"Votre code n'est rien. Il vous a été dicté par un homme, il ne vous mènera qu'à une existence vide de sens qui, finalement, conduira à la perte de votre civilisation , celle-ci reposant sur des codes et non des lois fondamentales. Lorsque la société d'Athel Loren fut fondée , elle reposait sur des lois guidées par la nature et le principe de la vie , de la survie, ce socle rigide et indestructible. Tant que la nature ne faillira pas , nos lois et principes ne failliront pas . C'est cela la supériorité de la civilisation des elfes ."-

Ainsi parla Hyndel. Puis il s'installa dans sa couche.

-"Bien la bonne nuit"-

Et s'endormit aussitôt
Je ne suis pas d'accord avec mon frère, je trouve votre code plutôt intéressant, il vous oblige à une fidélité envers votre terre que vous soyez noble ou pas.
En effet je ne connais rien à la Bretonnie, aux humains non plus, et je dois faire une bien piètre concitoyenne aux yeux d'Hyndel, mais je pense qu'il y a de bonne chose à trouver dans votre monde, l'expérience de la bataille; au coeur de nos forêt nous ne voyons guère d'ennemis. Comment mettre à l'épreuve ce que l'on apprend ?
Je suis partie parce que je ne voulais pas devenir une mémoire vivante, vivre ma vie à raconter des histoires passées, je veux être l'acteur de l'histoire, et que d'autres racontent mon histoire si cela les enchantent. Je suis certaine que les Hauts Elfes sont bien plus ouverts et avancés que nous.

Je m'allongeais, mis ma cape sur mes jambes et pris ma lance entre mes bras. Je ne tarderais pas à m'endormir.

Je n'aime pas les auberges, malgré votre présence je trouve que ça manque d'air, il faudra m'en expliquer l'utilité s'il y en a une.... Se disant je m'endormais en me demandant vraiment comment les humains pouvaient préférer une auberge au tendre lit de mousse de la forêt. La journée mouvementée me rattrapa et mes rêves furent peuplés de grandes batailles où s'entrechoquaient en un chant sacré les lames ouvragées de mes épées. Pour-fendants de terribles démons aux corps imprécis et aux visages déformés de mes parents et d'Hyndel.

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