Ce jour au donjon de Callanish je me levais au coq chantant. Je ne connaissais rien du fonctionnement de la maisonnée, Immir avait pensé à tout. Une cruche d'eau, un petit bassin reposait devant la fenêtre, devant le lit, notre lit, je souris en pensant au peu de fois où il avait connu nos étreintes, nous étions restés des guerriers et des aventuriers, rarement au foyer, il m'arrivait de m'absenter des heures entières perdant la notion du temps en me baladant dans la forêt d'Elwood, elle me rappelait celle d'Athel Loren...
Dans les Contreforts de l'Est du Royaume d'Elwen nos seuls voisins étaient les aigles, les griffons et un autre Seigneur que je prénommais Shiny, celui-ci connaissait Immir de longue date, je n'en savais pas plus.
Le matin était frais, parsemé de rosée les herbes rases du sentier brillaient étoilée de soleil rouge, il nous augurait une journée de vent. Je n'avais ni teint ni attaché mes cheveux, je voulais respirer autre chose que les vielles et lourdes pierres du donjon. En son sein quelque chose me dérangeait une menace latente, un sourd danger qui nous guettait.
J'avais finit à force du temps par oublier l'impression quasi constante d'un regard sur ma nuque.
C'est en marchant d'un pas vif pratiquement courant que j'arrivais à la faille. Chez les guerriers d'Elwen, dans leur bibliothèque de guilde, j'avais découvert l'histoire particulière de cette faille, l'avatar d'une divinité, autrement dit, un démon suivant les explications d'Immir, en était sortis. Markus le commandant des guerriers de cette époque l'avait affronté, il avait disparu ainsi que l'avatar, la faille était restée, on racontait qu'elle rejetait de temps en temps des rejetons du chaos, des êtres aux formes éthérées qui contaminaient la nature alentours.
J'étais là, observant les lieux, il n'y avait pas de difformités, le calme, lui, n'était pas naturel. Nulle trâce de vie en ce lieu.
Puis je ressentis sa présence, il était là, apparu comme d'accoutumé.
-Bonjour Anghiril, que fais-tu seule ici ?
- Je suis curieuse Silfeämor de ce qui perturbe la nature. Il ne devrait plus rien y avoir depuis le temps, pourtant le sens-tu aussi ?
- Tu veux descendre ?
- Oui je vais descendre.
C'était à la fois un défis et une invitation, il n'aimait pas que je me mette en danger mais lui même aimait l'aventure la découverte de l'inconnu.... (à suivre)
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