Elle danse, se courbe, voltige, caracole entre les arbres, fine liane qui s'enroule autour de ses lames, il est là calme et tumultueux comme un fleuve, il est jeune de sève et vieux de plus de 1000 ans. Elle prend appuie sur une jambe, permute sur la gauche, son autre jambe tendue horizontale tandis que ses lames suivent la courbe du demi-cercle qu'elle initie. Il a anticipé, comme toujours son mouvement, il esquive le coup de pied saisis la cheville et amplifie sa spirale juste assez pour amener le haut de son corps vers lui, il la connaît si bien qu'il peut sentir les battements de tambour dans son esprit, sa musique intérieure, il oppose sa main gauche à la lame chantante, son épée longue glisse sur la lame courte, il ouvre son espace de sécurité, elle est vulnérable un instant, mais en équilibre elle plie sa jambe se laisse tomber au sol dégageant ses lames comme sortie d'un fourreau, le métal grince, elle roule latéralement vers ses jambes, le fauche, en silence il tombe souplement rebondis en appuie sur ses bras, puis à genoux il n'a que le temps de lui opposer sa main gauche courte qui lui permet de parer la lame longue de Lhyn.
- Pas deux fois le même coup Amarthanna, celui-ci je le connais...
Soudain la lame courte surgit de sous elle et frappe la cheville du guerrier, elle a utilisé la danse du vers, une technique qui permet au guerrier d'attaquer depuis le sol, elle se tortillait, il n'a pas vu venir l'attaque, il est blessé, elle s'en rend compte. Ses lames tombent l'inquiétude se peint sur son visage, elle se redresse blessée de l'avoir blessé.
-Oh Melmë ! Je pensais que tu l'arrêterais !
Elle a tellement confiance en lui le porte en si haute estime qu'elle ne s'attend pas à placer un coup. Les lames gisent, jamais elle ne les abandonneraient pour un autre, il fait un geste, elle ne doit pas le toucher de suite, maudit sa peau est couverte de poison, s'il ne se concentre pas elle mourra. La blessure superficielle se referme seule, il lève le regard rencontre la courbe de ses formes avant d'atteindre ses yeux intégralement vert couleur de lierre, inquiets ? Il est toujours étonné par ce qu'elle provoque en lui, pourtant elle sait qu'un tel coup ne saurait l'abattre. Sa tunique est défaite, les lacets relâchés, ses cheveux défaits lui font une auréole de soleil.
-C'est vrai que ces lacets ne sont pas très solides... Là et là...
Dit-il d'une voix basse, rauque, son regard d'une neutralité qu'elle connaît bien, elle sourit, son visage s'éclaire irradiant de lumière.
- Tu m'as l'air oppressé Ananga..... Sa voix est profonde, son accent chantant, ses yeux n'ont pas quitté les siens, elle aime qu'il la regarde, qu'il la parcours de son regard gris si particulier, ils sont si proches par moment et ses instants lui sont précieux, plus précieux que la raison, ses éclairs fugaces où l'éternité n'était plus rien dans leurs échanges entre leur mains, entre leurs âmes... Il était son double, son équilibre, sa vie.
(....)
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